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Y'a Du Monde Au Portillon


Personal

Date Created: 2010-08-14
Date Modified: 2010-08-14

Général

Sous-titre:
Dessinateur: Duprat, François
Scénariste: Duprat, François
Format:
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Publication

Éditeur: Editions Carabas
Année copyright:
Édition:
Année publication: 2010
ISBN#: 2-35100-602-X
LCCN#:
Pages: 80
Langue: Français

Commentaires

Dans cette grande ville qui rappelle Paris, il y a l’Entreprise. On ne sait pas ce qu’on y fabrique, mais les employés sont tous vêtus de la même manière, travaillant dans des bureaux et exécutant sans relâche les mêmes tâches apparemment absurdes.

Jean-Paul-François, alias « JPF », est de ceux-là. À bac + 4, il est chargé de trier les pages paires des pages impaires. Et puis un jour, il se rebelle, glisse une page 229 dans un lot pair. Une « anomalie B46 », apparemment. On lui adjoint alors Martine, charmante stagiaire chargée de remette de l’ordre dans le bureau. Dans le bureau, mais pas dans sa tête, ni dans son cœur.

Perte de repères

Un bien étrange album que cet ouvrage au titre déjà énigmatique : Y a du monde au portillon. Le portillon, contre toute attente, c’est celui de Martine. La porte de son âme, de son esprit, encombré d’une palanquée de personnages exerçant plus ou moins d’emprise sur elle. Ses deux collègues (dont Jean-Paul-François, qui compte triple puisque, dans son esprit à lui, il se voit comme une sorte de trinité balançant sans cesse entre colère, volonté et paresse), sa mère, son beau directeur des ressources humaines… L’artifice est intéressant, mais confus. On se perd vite entre les réalités, celle des esprits et celle de la vraie vie, d’autant que Duprat joue avec les flash-back de manière pas forcément intuitive. La lecture de cette fable nécessite de fait une certaine concentration.

Dommage car, côté dessins et mise en couleurs, l’album tient ses promesses. Duprat, connu pour sa série Léo Cassebonbons (éd. Petit à Petit) et pour des one-shot comme Mon cousin dans la mort (id.) ou le très beau Il fera beau demain (éd. Carabas), a encore affiné son trait fin et expressif, et les magnifiques couleurs de Gilles Aris achèvent de rendre l’ensemble plutôt attachant. Mention spéciale à Martine, prototype particulièrement charmant de « girl next door ». On peut également apprécier l’univers, empruntant autant à Orwell qu’à Kafka, pour la déshumanisation de l’entreprise et des rapports qui y ont lieu. Mais à trop balancer entre les personnages, en tentant de creuser à la fois la psychologie multiple de JPF et les traumas de Martine, l’auteur prend le risque de perdre son lecteur en cours de route. Et à force de métaphores obscures, il y parvient malheureusement.