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Après Liens de Sang le duo Hermann/Yves H. (père et fils) nous revient, toujours dans la collection Signé , avec un autre one-shot. Polar noir, Manhattan Beach 1957 narre l'histoire de John Haig, policier dans un village perdu au fin fond du Missouri, dont la vie semble s'être arrêtée en 1957 après avoir rencontré une fille dont le souvenir refuse de s'effacer de sa mémoire...Liens de Sang ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable, et , il faut bien le reconnaître, ce n'est pas avec un esprit totalement exempt d'a priori que j'entamais la lecture de ce nouvel opus.
Craintes supposées, craintes confirmées...Cet album, même s'il est meilleur que Liens de Sang, ne constitue pas une lecture obligatoire de votre part. Si l'ensemble n'est pas désagréable à lire, le scénario ne comporte pas énormément d'attraits et c'est surtout le dessin d'Hermann qui , une fois de plus, constitue le réel intérêt de l'album. L'histoire est somme toute convenue et sans relief particulier ; et on pourra regretter que les choses aillent un peu vite, notamment dans l'exploration des liens entre le protagoniste et la fille rencontrée, la psychologie de John Haig...Mais aussi dans l'enquête qui, même si elle sert de toile de fond, n'est pas plus exploitée. Le plus intéressant de cet album est sans nul doute l'atmosphère désenchantée qui s'en dégage dont le dessin renforce l'intensité. Car Hermann livre toujours autant de belles planches et , au-delà du simple dessin, c'est une mise en couleurs remarquable, vivante et stupéfiante de réalisme ( rendu des feuillages des arbres, par exemple).
Les auteurs ont pour ambition de faire une trilogie américaine, et un troisième album devrait voir le jour. Espérons que ce dernier sera mieux réussi que les deux premiers du point de vue du scénario...Sinon, autant acheter un recueil d'illustrations de Hermann.