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L'affaire Du Rideau Bleu


Personal

Date Created: 2010-08-14
Date Modified: 2010-08-14

Classification

Série: Les Quatre de Baker Street
Tome: 1
Numéro:
Genre: Aventure
Mots-clés: Boutiques; De 10 à 20 euros; Format (binding_browse-bin); Livres; Nouveautés et À paraître; Font Size (format_browse-bin); Nouveautés par rubriques; General AAS; Bandes dessinées et Humour; Caractères standards; Broché; Thèmes; Brochés (grands formats); Refinements
Condition:

Général

Sous-titre:
Dessinateur: Etien
Scénariste: Djian, Legrand
Format: Souple
Date d'achat:
Prix d'achat:
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Publication

Éditeur: VENTS D'OUEST
Année copyright:
Édition:
Année publication: 2009
ISBN#: 2-7493-0437-7
LCCN#:
Pages: 56
Langue:

Personnel

Signé:
Lu:
Cadeau:
Emprunté:
Note: 4 stars

Commentaires

Ins­pi­rés par les aven­tures du plus grand dé­tec­tive an­glais, re­la­tées par son bio­graphe, Sir Arthur Conan Doyle, et no­tam­ment dans Le Signe des Quatre, le trio d'au­teurs en pré­sence nous pro­pose les pé­ré­gri­na­tions de ces trois garçons des rues, qui, ré­gu­liè­re­ment em­ployés par Holmes pour es­pion­ner dis­crè­te­ment pour son compte, ont fini par ap­prendre du maître les fi­celles du mé­tier de dé­tec­tive.

C'est après avoir plan­qué pour le dé­tec­tive et été payé pour ser­vice rendu, que les trois jeunes gens cherchent com­ment em­ployer leur pé­cule. Alors que la dé­ci­sion s'oriente vers des pâ­tis­se­ries, Black Tom, l'Ir­lan­dais de la bande, an­nonce son in­ten­tion d'in­ves­tir ses émo­lu­ments dans le bon plai­sir de celle qui adou­cit son cœur, Betty, la mar­chande de fleurs. Ar­ri­vé en vue de sa belle, il est té­moin du rapt de celle-​ci, et mal­gré ses ef­forts pas­sion­nés pour mettre en dé­route les kid­nap­peurs, il devra se conten­ter de les voir lui échap­per. Holmes et Wat­son par­tis pour le Sur­rey, c'est seuls que les trois com­pères de­vront mener l'en­quête pour re­trou­ver la belle.

C'est un cu­rieux mé­lange qui res­sort de cette en­quête menée par des en­fants, dans un style qui pour­rait évo­quer les grandes heures de la lit­té­ra­ture de jeu­nesse, où des biblio­thèques vertes ou roses four­millaient de scouts bra­vaches et in­tré­pides qui chas­saient avec éner­gie le mal­frat ou la fraude fis­cale. Mais ici tout se dé­roule dans un Londres vic­to­rien, sale, glauque et dan­ge­reux comme un Di­ckens a su nous en faire fré­mir. Si l'hu­mour et la can­deur de ces déjà "jeunes adultes" ap­portent une touche de lé­gè­re­té, ils évo­luent dans les bas-​fonds et en ont gardé des sé­quelles, qui mo­tivent un com­por­te­ment ten­dant à s'éloi­gner des in­sou­ciances de l'en­fance. Leur en­quête les mène au contact de pros­ti­tuées et de leurs pro­tec­teurs, de ban­dits sans pitié qu'ils connaissent d'ailleurs fort bien pour avoir fait par­tie de leur nombre, et d'hommes dont la vio­lence trans­pire au tra­vers des tweeds que leurs vices ex­trêmes ont contri­bué à payer. Mal­gré cela, au mi­lieu des ga­gneuses et des bri­gands, les dé­noue­ments sont le plus pos­sibles orien­tés vers un as­pect co­mique. D'ailleurs, leur aven­ture verra l'ar­ri­vée du qua­trième lar­ron, le chat roux pré­sen­té en cou­ver­ture, dont les ex­pres­sions contri­buent à ali­men­ter le mé­lange des genres entre une BD hu­mo­ris­tique et un monde ô com­bien sé­rieux.

Cet uni­vers vic­to­rien, s'il faut en croire la pré­face de Régis Loisel, dont J.B. Djian est un grand co­pain, c'est en par­tie à Olivier Legrand et à sa grande connais­sance de cette époque qu'on le doit. Mais toutes les des­crip­tions du monde, aussi bonnes et dé­taillées soient-​elles, ne se­raient rien sans l'ad­mi­rable des­sin de David Etien, jeune des­si­na­teur à l'iden­ti­té forte, dont le trait vit jusque dans les pavés de cette ville qu'on a alors l'im­pres­sion d'ha­bi­ter. Le mé­lange de l'his­toire et de l'illus­tra­tion fonc­tionne ad­mi­ra­ble­ment pour nous ser­vir une nou­velle cap­ti­vante et di­ver­tis­sante, avec tout le sé­rieux et la bon­hom­mie que l'on se­rait en droit d'en at­tendre.

His­toire très sym­pa­thique donc, et d'une grande flui­di­té, quoi­qu'un peu ra­pide dans ses dé­noue­ments, ce pre­mier tome, grâce à ce double as­pect, et servi par son ad­mi­rable illus­tra­tion, au­gure une série dont on sera sans aucun doute, dans un futur proche, avide de pos­sé­der l'in­té­gra­li­té.