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L'Enfer, Le Silence


Personal

Date Created: 2010-11-03
Date Modified: 2010-11-05

Classification

Série: Blacksad
Tome: 4
Numéro:
Genre: Policier
Mots-clés:
Condition:

Général

Sous-titre:
Dessinateur: Canales
Scénariste:
Format:
Date d'achat:
Prix d'achat:
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Publication

Éditeur: Dargaud
Année copyright:
Édition:
Année publication: 2010
ISBN#: 2-205-06313-8
LCCN#:
Pages: 56
Langue: Français

Personnel

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Note: 4 stars

Commentaires

Par un moche matin couleur sépia, Blacksad, détective privé de son état - ou ''fouille-merde'' selon certains - est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre. Il reconnaît : c'est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire. En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

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Faust La­cha­pelle, di­rec­teur d'une mai­son de disque de blues, est sur le point de mou­rir. Seule, Mme Gi­bral­tar, sorte de vieille in­fir­mière vau­dou, réus­sit à le tenir en vie. C'était un fa­meux dé­ni­cheur de ta­lent et il a be­soin que John Black­sad lui re­trouve son mu­si­cien le plus cé­lèbre Sé­bas­tian Flet­cher, dit « Lit­tle hand » à cause de la mal­for­ma­tion de l'une de ses mains, plus pe­tite que l'autre. Mais cela ne plait pas à Ted Lee­man, dé­tec­tive privé lui aussi, qui avait ce contrat avant notre héros.


Voilà main­te­nant presque cinq ans que l'on at­ten­dait un nou­veau Black­sad. Cela fai­sait tel­le­ment long­temps que l'on com­men­çait à croire à une nou­velle ar­lé­sienne. On at­ten­dait ce qua­trième tome, un peu comme le qua­trième tome des feux d'as­kell. Mais main­te­nant, la chose est faite, elle est édi­tée et c'est un bon­heur. Alors pour­quoi au­tant d'at­tente ?

Pre­miè­re­ment, parce que la qua­li­té de­mande du temps. Et vu la qua­li­té de ce tome, il en a fallu du temps.
Le scé­na­rio est sombre à sou­hait. Il est un peu dif­fi­cile à com­prendre au début. Mais très vite, vous ren­trez dans l'his­toire sans vou­loir en sor­tir avant d'en avoir fini. Et le des­sin dans tout cela ? Et bien, s'il a fallu du temps pour le scé­na­rio, on com­prend qu'il ait fallu du temps pour le des­sin. Car les cases sont tout bon­ne­ment ma­gni­fiques. Il y a bien sûr les scènes de foule, dont la scène du car­na­val (p34) où vous pou­vez jouer à « où est caché Black­sad ? ». Et comme par magie, ce per­son­nage vous ap­pa­raît. La scène du car­na­val me fait d'ailleurs pen­ser à Tin­tin et les pi­ca­ros dans les cou­leurs uti­li­sées et la grosse tête de chien. Il y a aussi cette double page (p37-​38) qui marque un temps fort dans l'in­trigue et dont est tiré la cou­ver­ture. Un mot, d'ailleurs, sur la cou­ver­ture, un peu trop sage à mon goût et ne re­flète en rien la qua­li­té et le dé­tail des des­sins qui par­sèment l'album. Une cri­tique aussi sur le dé­cou­page des cases du début, qui com­plexi­fie de temps en temps l'in­trigue. On a du coup du mal à com­prendre les al­ler-​re­tour avec le passé, mal­gré la vo­lon­té de don­ner des at­mo­sphères dif­fé­rentes. On ap­pré­cie­ra par contre le jeu des cou­leurs qui donnent une iden­ti­té pour chaque lieu, si­mu­lant ef­fi­ca­ce­ment un bar glauque, la fête dans les rues, un pique-​nique cham­pêtre etc....

Deuxiè­me­ment, on peut com­prendre qu'il faille du temps pour faire un tel album et pour avoir du temps, il ne faut pas faire autre chose. Or Juan Guar­ni­do s'est un peu évadé de Black­sad (et de son suc­cès) en sor­tant deux al­bums de sa nou­velle série Sor­cel­le­rie (Le bal­let des mémés en jan­vier 2008 et Que la lu­mière soit fête en no­vembre 2008) avec Te­re­sa Va­le­ro. C'est l'his­toire d'un bébé fée qui at­ter­rit mal­en­con­treu­se­ment chez des sor­cières et qui vont l'éle­ver. C'est très drôle ! Mais re­ve­nons à notre album, où les per­son­nages sont épous­tou­flants de réa­li­té. Miss orangina
Miss Oran­gi­naIls ont les ca­rac­té­ris­tiques de leur ani­ma­li­té tout en état « hu­main » (ou l'in­verse !). Le fa­bu­leux bes­tiaire de Guar­ni­do est à nou­veau en­ri­chi par Ju­nior Har­per (le vau­tour) ou en­core Ted Lee­man (l'hip­po­po­tame). Quelques touches hu­mo­ris­tiques contre­ba­lancent l'at­mo­sphère lourde et sombre de l'his­toire. Et Week­ly en est le porte-​dra­peaux. Mais par rap­port aux his­toires pré­cé­dentes, on re­mar­que­ra qu'il y a moins de sé­duc­tion. La pré­sence de belles femmes (par­don, belles bêtes) est moins mar­quée alors qu'elle était aussi une marque de fa­brique dans Black­sad. Il y a bien sûr la strip-​tea­seuse du début, tout droit sor­tie d'une pub Oran­gi­na, ou en­core Rose qui drague Week­ly. Mais il y a moins de gla­mour. Ici l'his­toire est à l'image de la mu­sique qu'elle met en va­leur, sombre et triste.

Quand vous tour­nez la cou­ver­ture de cet album, un pre­mier choc vous at­tend avec la double page ma­gni­fique re­pré­sen­tant Black­sad dans les rues de la Nou­velle Or­léans. Et de la même ma­nière, avant de re­fer­mer le livre, une double page vous at­tend. Le ta­lent y est aussi au ren­dez-​vous mais com­ment ne pas y voir Black­sad, jeune, sauvé des eaux par le do­cker de la page 41 qui amène une ques­tion : qu'a voulu dire le do­cker ? Et la double page semble vou­loir y ré­pondre. Ex­tra­po­lons en peu en sup­po­sant un futur album de Black­sad re­pre­nant l'in­ter­ro­ga­tion de la page 41 et nous pré­sen­tant John de façon plus in­time. D'avance, on en ron­ronne de plai­sir. D'au­tant qu'il n'est pas prévu que l'on at­tende en­core cinq ans